2007/11/24

21 Septembre : farewell de Guillemin

Et ben ça va plus vite quand je raconte pas une journée entière d'aventures ...

Donc voilà, Guillemin achève son année passée à Kyoto, et donc son semestre à Doshisha. Petite larme ... mais notre petit chimiste est un grand adorateur du Japon, et il compe bien revenir! Nan mais j'vous jure y en a qui sont pas bien dans leur tête ... pas vrai Guillemin?? ;)
Ici, quand un expat quitte le Japon, il y a une "farewell party", pour dire au revoir à tout le monde quoi. Petite soirée dans un izakaya de Kyoto donc, avec en dessert un super gateau que sa copine Iku avait commandé avec des fruits dessus et de la pâte sablée!! Dé-li-cieux.
Oui je sais je m'émerveille devant une tarte aux fruits...
Du coup, on n'est plus que deux à Doshisha, Antoine et moi. Comme on a des niveaux de japonais très différents, si on continuait ensemble Antoine n'apprendrait rien de nouveau et moi je galèrerai comme une folle. Comme en plus on s'est inscrits au JLPT (Japanese Language Proficiency Test, test de japonais pour le monde entier) dans des niveaux différents (Antoine le 2 et moi le 3, au total il y en a 4), on ne va pas du tout travailler les mêmes choses.
Grâce à de subtiles discussions et manipulations on a réussi à obtenir le schéma de cours suivant : le lundi, 45min/45min pour chacun, le mardi 1h30 Antoine seul, le jeudi 45/45, et le vendredi 1h30 pour moi.
Et c'est parti pour atteindre des niveaux auxquels on n'aurait jamais dû s'inscrire ...

19 septembre - Arrivée de la Patate

Allez les vacances finie, je repars sur des posts ... comme avant les vacances quoi.
Quand même 2 petites précisions sur des points que je n'ai pas eu le temps d'expliquer :
- mon bras est réparé : je ne sais pas pourquoi il faisait grève, mais après quelques jours de repos il a retrouvé toutes ses capacités (attendre le car, ça fatigue pas trop).
- Camille est bien arrivé! pas de crash d'avion, Thérèse et Joël l'ont bien récupéré, et il est maintenant installé à Metz

Voilà, maintenant je peux parler de l'arrivée de la patate ... vous vous souvenez, Camille m'avait offert une peluche moelleuse mais pas pelucheuse en partant de Tokyo, mais vue la taille de la bestiole, j'avais renoncé à l'emmener dans le Tohoku avec Yuki. Du coup, Miki me l'a envoyée par la post ... MERCI MIKI!!! Et voilà, le 19 pile poil quand je reviens de mon week-end à Ise, la Patate arrive. Oui, vue sa forme et sa couleur, elle s'est vite appelée Patate.
Je l'adore, elle peut prendre plein de fonctions différentes, de formes ausi, et en lus elle s'entend bien avec Lapin!! Que demander de plus...

2007/11/23

17-18 Septembre : Ise

Quel week-end … très instructif en tous cas.

Alors voilà au mois d’août j’avais entendu qu’un voyage se préparait pour les membres du labo. On m’avait demandé où je voulais aller, et vu que je savais que j’allais déjà faire une bonne partie du Japon, j’avais dit le nord du Kansai … manque de bol ils y étaient déjà allés il y a deux ans. Ce fut donc à Ise que le week-end a été organisé.
Je n’avais pas prévu d’y aller, et la partie sud de la péninsule était vantée par le lonely pour sa beauté, tandis que le nord était fortement déconseillé car défiguré par les hôtels et les incessants touristes…manque de bol, c’est au nord qu’on est allés. Bref.

Rendez-vous à 8h du matin devant Doshisha, moi vu la situation de l’endroit j’avais emporté mon maillot de bain et mes lunettes de soleil…Shingo avait préféré prendre des packs de bière et un stock de shochu, un alcool japonais fort et vraiment pas bon.

Nous montons dans le bus, un vrai WEI en perspective ! Mais en plus, avec les sièges du car qui tournent pour faire un séjour … la classe.



En chemin petite pause pipi dans une aire parsemée de statues de ninja : il y avait une école très réputée de ninja dans le coin avant.



Le week-end commence donc drôlement, avec le professeur Kaneda qui nous accompagne et boit avec nous (enfin avec eux parce que j’ai déjà mal au cœur rien qu’à pas être assise dans le bon sens …), ça fait très bizarre. On traverse les montagnes du sud de Kyoto, vers l’est, et c’est assez chouette (je suis la seule à regarder le paysage). En chemin, Ai me raconte son aventure … le début en dialogue, c’est mieux :
« Elia, je voulais te remercier »
« ah ? merci mais euh, de quoi ? »
« tu m’a appris à parler anglais »
« ah, bah je suis contente que tu aies progressé ! »
« et du coup j’ai pris confiance en moi et j’ai voulu voyager »
« waou, super ! bravo ! »
« donc cet été je suis allée à Bangkok, toute seule, une semaine »
« ??? »
« ah oui c’était très bien, mais un peu dangereux quand même … »
« ????? »

Et après elle m’a raconté son périple, avec ses parents qui voulaient pas la laisser partir mais elle a bravé leur interdiction, les thaïlandais qui voyaient qu’elle était japonaise et qui lui fonçaient dessus pour lui vendre plein de trucs et elle était seule donc pas d’effet de groupe pour la défendre, visiter des endroits … toute seule - n'oubliez pas qu'être seul en voyage est impensable pour un japonais - , un maltais qui l’a sévèrement draguée et elle a été obligée de changer deux fois d’hébergement parce qu’il la retrouvait à chaque fois, Bangkok qui sent très mauvais mais qui est drôle … et son envie d’aller à Cuba et en Jamaïque pour son prochain voyage !!
Je ne reconnais plus ma petite Ai qui vient à la fac en sandales en peau zébrée à talons hauts avec son sac en carton Chanel porté au bout du bras et ses formules de politesse à n’en plus finir, mais je vais la transformer en routarde !! Je m’en veux un peu en même temps, j’ai pas envie qu’il lui arrive quelque chose ! Du coup on commence des séances d’entraînement à dire « non ! », c’est le plus gros soucis qu’elle a eu – et qu’ont beaucoup de japonais(es). C’est pas évident … on dirait qu’elle s’excuse quand elle me dit « non ! ». Bon là après 3 mois d’entraînement c’est déjà plus convaincant, mais pas de quoi repousser un maltais ! Avant Cuba et la Jamaïque, va falloir qu’elle bosse !
Du coup les heures passent assez vite, et nous arrivons à 11h45 au plus vieux temple de tout le Japon. Il n’en fallait pas moins pour m’éblouir … Nous ne sommes pas les seuls, et je dénombre 4 rangées de 11 cars remplis à craquer, auxquels il faut ajouter tous ceux qui ne pouvaient pas se garer sur le parking principal et devaient trouver une place à côté.

La désillusion commence …

Le rendez-vous est à 15h au bus, entre temps on fait ce qu’on veut. On suit donc la foule, évidemment, pour aller voir ce fameux sanctuaire…c’est le plus gros bluf que j’aie vu pour l’instant !! Déjà il faut rappeler que la notion de « monument historique » est très différente ici de notre vision occidentale : chez nous, quand on parle de quelque chose de vieux, c’est quelque chose qui a été construit il y a longtemps, et qui n’a pas bougé, ou a été rénové. Au Japon … c’est quelque chose qui a une fois été construit il y a longtemps, et depuis démoli et reconstruit à l’identique régulièrement, entre tous les ans et tous les cinquante ans selon les bâtiments considérés. Et là, miracle, le plus vieux temple du Japon vient d’être reconstruit !! On a donc une vision de bâtiments reluisants, rénovés à l’identique sur un plan peut-être, mais avec du plastique au lieu du bois et des dorures !!

Il y a un monde fou, je ne comprends vraiment pas pourquoi, sinon qu’il y a de magnifiques cèdres qui eux doivent être historiques, immenses. Mes compagnons japonais ne comprennent pas pourquoi je regarde les arbres … Nous arrivons enfin à THE sanctuaire, l’endroit où surement buddah a fait des trucs géniaux, mais par contre on n’a rien le droit de voir : il y a un bac où lancer des pièces, comme d’habitude, et … c’est tout !!! sisi je vous jure, rien d’autre, des palissades de bois empêchent les visiteurs de voir le vrai temple, celui où il doit y avoir une relique et une architecture magnifique caractéristique de l’époque je-ne-sais-quoi et que personne ne voit à part un ou deux moines et l’empereur tous les 7 ans.

Je suis éberluée, mais ça n’a pas l’air de déranger les japonais, qui lancent des pièces, tapent dans leurs mains pour prier, et s’en vont aussi rapidement qu’ils sont arrivés, pour retourner dans le petit village qui jouxte le temple.

Mais j’ai décidé de considérer ce voyage comme une étude ethnographique (ethnologique?), et je suis donc sans mot dire Ai, Ota, et le troisième larron dont je ne me souviens toujours pas du nom, pour retourner nous aussi au village. Quel village … imaginez une rue principale et quelques rues perpendiculaires, prises d’assaut par plus de 44 bus pleins à craquer de japonais (je n’ai pas croisé un seul occidental), et pleines à craquer de magasins de souvenir et de nourriture (resto et autres). Nan, vous pouvez pas imaginer …
Arriver à se frayer un passage dans cette foule relève de mission impossible, avec la chaleur étouffante qu’il fait (35 degrés …) et l’humidité, l’absurde de la situation me donne envie de rire. Vu que nous sommes sensés faire une pause déjeuner, le plus gourmand de nous quatre propose heureusement de s’arrêter dans presque le premier resto venu. Ouf !! On attrape la dernière « table » de libre (assis par terre, avec une table ultra-basse) et on déjeune en attendant. Mais en attendant quoi donc ?? Mais le retour au bus bien sûr !! Et oui il n’y a plus rien à faire jusqu’à 15 h … c’est magique.

On sort du resto quand même, et après s’être demandé mutuellement « qu’est-ce qu’on fait maintenant » une bonne dizaine de fois, la décision est prise d’aller manger des glaces. Bon, d’accord. Mais pas n’importe quelle glace, la glace au thé vert amer !!!

C’est une spécialité du coin, de la glace pilée avec du coulis de macha (le thé de la cérémonie du thé) très fort dessus. Moi, j’aime pas le macha … on arrive dans une sorte de préau archi-plein à craquer, sans clim, où nous attendons un bon quart d’heure avant que Ai réussisse à commander les fameuses glaces. Le préau en question appartient à une petite boutique qui vend ces glaces, et les serveuses les donnent contre un ticket acheté au comptoir. Le ballet des serveuses est très agréable à voir, et elles ont intérêt à courir vite vu la chaleur qu’il fait, pour pas que les glaces leur fondent dans les bras !!

J’observe, j’observe, et j’imagine ça en France : tout le monde serait allé se chercher un coin un peu plus à l’écart pour être tranquille et ne pas suinter de la sueur de son voisin… Il n’y a pas à dire, même si c’est globalement caractéristique des humains, les Japonais ont quand même un instinct grégaire hyper développé !

Une fois la glace finie, nous devons libérer la place pour les autres clients et recommençons à errer dans le village (c’est long d’attendre 3h quand on n’a rien à faire et qu’on peut pas faire le sieste), puis nous croisons un groupe d’étudiants du labo qui eux aussi n’ont rien à faire. Ouf, on est plus nombreux, tout va bien.
On récupère au fur et à mesure plein d’étudiants qui s’ennuient tous, et l’idée apparaît qu’éventuellement retourner au bus avant l’heure serait envisageable.
Nous regagnons donc le bus à 14h30 … tout le monde est à l’intérieur … le chauffeur a laissé tourner le moteur pour avoir la clim pendant tout ce temps … mais ne démarre pas. Que se passe-t-il demandais-je à Ai, « il n’est pas 15h » me répond-elle. ??? Oui elle m’explique que tant que l’horaire prévu dans le planning n’est pas atteint, on ne démarre pas. Décidément j’en aurai appris sur les mœurs japonaises pendant ce week-end ! Nous attendons donc 30 min dans le car, tous ensemble joyeusement à se tourner les pouces, mais il y a la clim alors tout va bien … Anaïs si tu lis ça, tu vois y a pas besoin de prendre plein de fois l’avion pour polluer la planète !

Nous repartons enfin à 15h pétantes vers la suite du programme, un point de vue sur la baie d’Ise, splendide paraît-il. Je dois avouer que pour le coup c’était assez chouette. Nous avons une heure pour faire 50m, regarder la vue, et refaire 50m dans l’autre sens. Alors, vous avez compris le principe ? Et oui ça recommence ! Au bout d’une demi-heure, tout le monde revient au car, qui ne démarrera pas avant l’horaire prévu !!!!!!!!!!!
J’essaie de prendre du recul et de me dire que tout est normal, mais tout de même avouez que c’est difficile de faire comme si de rien n’était dans de telles situations…


Allez c’est reparti en car (y a plus de bières, l’ambiance est moins festive), direction cette fois-ci le ryokan (hôtel de luxe japonais) où nous allons dormir. La route descend vers la mer, je me dis chouette un plongeon, on traverse un village au bord de l’eau, et puis non finalement on remonte vers les hauteurs et on arrive à un ryokan reculé, impossible de rejoindre la mer à pied, un bâtiment vraiment pas du tout attrayant (un gros immeuble gris avec la peinture qui craquèle), où on nous accueille à bras ouverts (vu le prix – arg – c’est un minimum). On est les 4 filles dans la même chambre, d’où on peut voir un bout de mer … Mais les trois filles me regardent bizarrement quand je leur demande si on va aller se baigner : c’est pas vraiment le standing, j’ai l’impression que les japonais ne se baignent qu’à Okinawa, le reste ça fait mauvais genre. Bon, j’arriverais vraiment pas à caser mon maillot de bain alors. C’est dommage elle a l’air très belle l’eau …

Après une séance au onsen (soit-disant un onsen en plein air tu parles, l’eau sent le chlore à plein nez et sort des tuyaux dissimulés sous des faux cailloux, le tout chauffé très fort pour ressembler à un onsen, imaginez une piscine à 40degrés, avec des vapeurs de chlore, c’est tentant non ?? bon et puis on est accompagnées de ma-gni-fiques cerfs en loupiottes de Noël, alors faut pas commencer à raler dans un cadre aussi naturel), les filles revêtent le yukata de l’hôtel, je demande pourquoi, elles me disent parce que c’est joli. Bon, mais moi je me dis que mon short sera très bien pour aller manger, une robe de chambre ne me semble pas l’idéal.

Raté Elia, fallait mettre la robe de chambre … à part le professeur Kaneda, ils ont TOUS mis leur yukata pour aller manger le repas du soir. Donc, imaginez une trentaine d’étudiants habillés exactement tous pareil (même pas de distinction homme-femme) assis par terre en face de petites tables. En entrant dans la salle (réservée pour nous), j’ai eu un choc. Je crois que des français refuseraient cet aspect clone en bloc – même en école d’ingénieur, on porte le t-shirt de l’école de façon différente les une des autres !

Puis le dîner commence. Ah, ça se gâte, des algues à toutes les sauces (très saumurées, les algues, tiens ça change), du tako cru (j’ai refait le coup de les faire cuire à la marmite, mais là j’avais plein de japonais qui m’observaient, c’était délicat !! enfin j’ai réussi à faire cuire mon tako et mes crevettes crus), et même un flan à base de tofu et de quelque chose d’autre, qui après coup s’est avéré être des graines de ginko (oui l’arbre qui a résisté à la bombe atomique d’Hiroshima) : ces graines sont ordinairement toxiques, mais si on les attrape en septembre, qu’on les pèle à la main, et qu’on les fait cuire, elles sont comestibles…je dis bien comestibles, pas mangeables !!! vraiment pas très bon. Heureusement il y a des sahimis ... miam!

J’apprends aussi qu’au Japon, on doit toujours servir son supérieur en boisson, et les femmes doivent servir les hommes. Ai passe donc un bon moment du repas à se balader sur les futons pour aller servir de la bière aux étudiants … je me retiens très très fort de la prendre sous le bras et l’emmener loin de ces machos infernaux. Je lance quand même une petite remarque sur le fait que les garçons pourraient aussi se servir tout seul quand la bouteille de bière est devant eux, mais je n’obtiens que des rires en réponse … je m’y ferais jamais.

On finit le repas, et en sortant je tombe nez-à-nez avec nos chausons de l'hôtel, qui ont été soigneusement alignés par les dames du ryokan... Direction la chambre où dort Shingo et ses potes pour la soirée du week end. Le Shochu coule, ils me font sentir et je manque de vomir tellement l’odeur est repoussante. C’est un shochu spécial, super cher me dit fièrement Shingo, qui a un goût particulier…bon, ben ils vont particulariser sans moi ! Je prends des photos et essaie de prendre part aux conversations, mais à cette heure de la journée et avec l’alcool, leur prononciation et vocabulaire devient difficile à suivre…

Petite photo qui doit vous en rappeler une précédente ... bon là c'est un peu plus homogène on va dire!!!


Je me couche vers minuit, Ai reviendra vers 4h, et les deux autres filles à 5h30. L’une d’elle a eu le teint vraiment vert toute la journée d’après.
Ah oui aussi petite remarque : avant qu’on ne quitte la chambre pour aller manger, la chambre avait toutes ses lumières allumées. Je commence à les éteindre une par une alors que les filles m’attendent. Il y avait 7 lampes allumées. Et l’une me demande « mais t’es écolo ? ». Je craque … enfin intérieurement, en vrai je lui ai juste dit que 7 lampes allumés alors qu’on était pas dans la chambre ça faisait beaucoup, et elle m’a répondu « mais on s’en fout c’est l’hôtel qui paie l’électricité ». Bon, y a plus rien à faire. Pourtant Toyota fait des voitures qui polluent pas trop…

Le lendemain matin réveil (au haut-parleur, ça ne dépend pas de la gamme de l’hôtel, c’est toujours au haut-parleur qu’on se fait réveiller, imaginez un réveil au haut-parleur au Ritz ou je ne sais où …) un peu difficile pour les filles, moi ça va.

On va au petit déjeuner, et supplice ultime, on passe devant la salle commune où tous les autres clients de l’hôtel prennent leur petit déjeuner … avec des croissants, du pain, des fruits…peut-être même du lait ! Pour nous, ce sera salle privée avec petit-déjeuner japonais, j’ai l’impression de remanger les algues d’hier soir …

Puis départ au clairon en bus, avec tout le personnel de l’hôtel qui nous salue. On se dirige vers les rochers mariés, un autre spot hyper touristique du Japon. Mais là, on bénéficiera de l’heure matinale pour avoir moins de monde.

C’est joli ces rochers, en fait il y a un rocher homme et un rocher femme, et entre eux une grosse corde pour les marier. Ils sont au milieu de l’eau, avec des cormorans qui se sèchent au soleil. Je n'ai pas tout bien compris, mais en gros avant les japonais venaient de tout le pays jusqu'ici parce que c'est là où la déesse du jour a ... enfin je sais plus il lui est arrivé quelque chose quoi et donc c'était très important de venir ici.
Mais comme c'était périlleux, il fallait déposer aussi plein d'offrandes pour être protégé sur le chemin du retour (aujourd'hui Hello Kitty a envahi les offrandes, je suis pas sûre que la déesse apprécie vraiment mais bon). En japonais, pour dire "revenir", on dit "kaeru". Or "grenouille" se dit aussi "kaeru" (mais avec un autre kanji)...du coup il y a plein de grenouilles en statue ici, et les japonais (qui continuent de faire le pèlerinage en masse) viennent donc leur verser de l'eau "sainte" sur la tête. Très mignonnes les grenouilles ...

On remonte dans le car attendre une petite demi-heure pour respecter l’horaire, puis on va au restaurant réservé pour notre groupe. Mais … on arrive trop tôt !! Nous attendons donc un quart d’heure assis sur les tatamis de la salle réservée pour nous. Tout va bien. A 12h00 pile poil les plats arrivent. C’es très bon, des udon (les pates vers de terre blancs) locaux un peu collants mais c’est original, et des sashimi donc déjà je suis conquise.
Puis … on ne fait rien. Il faut en effet attendre le bus qui doit nous amener à l’aquarium. On l’attend 25 minutes, pendant lesquels tous mes co-travellers récupèrent de la nuit précédente et s’allongent sur les tatamis. C’est vachement pratique une salle où on mange et où on dort en même temps ! Donc les voilà allongés, les jambes sous les tables à manger, la tête par terre. Ca fait vraiment très très bizarre.

On repart donc direction l’aquarium de Toba, dans le coin, qui est sensé être génial, mais après celui d’Okinawa je me doute que je vais être déçue. Mais en fait pas trop. On arrive donc à l’aquarium, et on commence par une démonstration des capacités des otaries, très joueuses. Les « entraîneurs » d’otarie se déguisent sans problème en princesse rose et pirate, vraiment ridicules ça serait impensable en France, mais les bébètes sont fort sympathiques et nous font de jolis tours.


Puis on enchaîne avec la démo du bébé morse qui pèse déjà plusieurs centaines de kilos, pas très malin mais obéissant, j’ai même touché son museau !! Ensuite, déambulations dans l’aquarium, malheureusement je n’ai plus beaucoup de batterie …


Il y a entre autres deux couples de dauphins un peu particuliers, tout blancs, et donc je ne me rappelle plus le nom, qui semblent être en période de reproduction !!! Les males pourchassent les femelles dans le bassin, et dès qu’ils s’approchent assez près de leur ventre, bam leur quequette sort à une vitesse fulgurante pour essayer de viser !! Malheureusement ça n’a jamais marché quand j’étais là … ça doit pas être facile quand même.

Il y avait aussi des « dragons de mer feuillus » qui m’ont, étant moi-même une dragoon, laissée bouche bée : ce sont des sortes de très grands hippocampes … avec des feuilles sur la carapace. Enfin une petite description très intéressante ici : description Trois petites photos tirées d'internet, parce que c'est quand même superbe ces bestioles ...

Puis retour au bus, attente que l’heure exacte prévue pour le départ arrive, et en route pour Doshisha ! Arrivée, je reprends mon cher train jusqu’à Mukaijima …

Ayé, là c’est vraiment la fin des vacances. Petit snif … j’aurais bien continué !!

2007/11/16

En attendant la suite ...

(le 20 novembre)
Ca y est, toutes les vidéos sont chargées! Bon il faut que je raconte mon week end japonais maintenant... bon juste une petite photo pour vous faire baver d'envie de savoir ce que j'ai fabriuqé pendant ce "week end japonais" :
(le 19 novembre)
Les vidéos du ferry arrivent!! bon c'est pas encore complètement au point mais c'est en cours de parachèvement ...



Bon Google ne veut vraiment plus me mettre en ligne les vidéos, et apparemment je ne suis pas la seule dans ce cas, donc je vous tiendrai au courant de l'arrivée des vidéos des 2-3 derniers jours.
Pour patienter voici une petite vidéo sur la "Japanese tradition", je précise que c'est une blague! Le groupe qui fait ces vidéos (les Rhamens, du nom des célèbres nouilles) en a produit une dizaine je crois, tous très drôles.
Suite à une question d'Antoine sur le public cible de ces vidéos : à la base, ces vidéos sont entièrement en japonais, et certaines sont tellement bonnes qu'elles ont été traduites en anglais. Je pense donc que c'est à l'origine une caricature de la société japonaise pour un public japonais, mais une fois qu'on a vécu au Japon ... les gaijin sont à mon avis une excellent cible!
La vidéo suivante s'intéresse aux sushis, et est assez réussie ... sous-titrée en anglais.



Pour en avoir d'autres, il faut aller sur YouTube avec cette recherche. Le premier est sur les sushis, le second sur l'utilisation des baguettes, le troisième sur les différentes manières de saluer ou s'excuser au Japon, le quatrième sur le thé, puis en vrac les onigiri, comment draguer, comment bien claquer des mains, etc. Même sans la traduction en anglais, c'est vraiment réussi!

Amusez-vous bien!!

16 Septembre : Tohoku - jour 7

Nuit très agréable, et réveil au haut-parleur le lendemain à 7h, normal tout va bien non je ne suis pas montée dans un navire de l’armée.
Petit déjeuner au resto, 500 yen en tabehodai, avec accrochez-vous des croissants et petites brioches, tranches de pain, beurre, confiture, fruits, yaourt, lait … bon et bien sûr riz, algues, tofu, prunes saumurées, pâte d’algue (ça j’avais encore jamais goûté, ça atteint des sommets en terme de pas-bon-du-tout), etc. Le tout dans de la vaisselle type européen, très très agréable (la musique classique, toujours).
Un petit tour à l’écran de l’étage pour m’apercevoir que nous sommes presque arrivés à Nagoya ! On est dans la baie de ladite ville, et on approche du port, du gros port. Hop petite virée dehors.

Nagoya, c’est gris ! Le port est un très gros port, avec des ferry mais surtout des cargos et des usines partout, un pont sympathique quand même avec un tablier qui semble tout fin, et des autoroutes un peu partout. Bien sûr, des polders construits pour pouvoir grignoter du terrain sur cette mer envahissante…


(là y aura bientôt deux vidéos si google veut bien se bouger le popotin ...)



(y en a déjà une ...)



(et voilà la deuxième!!)

Arrivée au port, je réalise que le port est bien loin du centre-ville, qu’on est dimanche, et que ça va pas être facile de partir de l’embarcadère sans taxi… En effet le seul bus qui passe de la journée n’arrivera que dans 2h, et toujours le même dilemme, à pied ça prend aussi deux heures. J’ai toujours mes deux sacs à dos, mes courbatures, et mon bras brinquebalant. Tiens parlons-en du bras ! Alors je ne sais toujours pas pourquoi mais courir avec mes jambes a provoqué une sorte de tendinite au bras droit. C’est assez bizarre … quand je le garde au repos en écharpe, ça va, mais dès que je laisse libre ou lui demande de faire le moindre mouvement, catastrophe, il rechigne. Heureusement 21h de quasi inactivité physique dans le ferry lui ont fait du bien, et à je suis arrivée à me servir d’une fourchette de la main droite. Ouf ! Mais pour ce qui est de porter, c’est toujours pas au point.
Bref me voilà obligée de rester dans ce trou paumé, ce qui ne m’enchante guère. Finalement je demande vers où se trouve la ville à un employé du ferry, il me regarde bizarrement en me montrant une direction : ni une ni deux je sors ma boussole, il ouvre de grands yeux, et me voilà partie pour marcher vers Nagoya…
Heureusement il fait gris et il bruine un peu, donc il ne fait pas trop chaud. Je longe une route et me dis que quand même ça va faire long … je commence à peine à tendre mon bras vers la route, et alors qu’il n’est pas encore déployé, des pneus crissent : une voiture s’arrête pour me prendre ! Incroyable le stop au Japon quand même !!
Un monsieur d’un certain âge me prend en voiture, il m’explique qu’il travaille pour le ferry la nuit et là il rentre chez lui pour dormir. Comme c’est dans la même direction que je veux aller, tout va bien. C’est un peu difficile de comprendre ce qu’il dit, mais bon ça va à peu près. Il me dépose finalement à une station de train qui m’emmènera directement au centre de Nagoya. Il m’accompagne jusque sur le quai du train pour être sûr que je ne me trompe pas !!
Là arriva un incident qui faillit être gravissime. Alors que j’attendais le train, je cherche mon Lonely pour y lire des infos sur Nagoya, et je ne le trouve pas. Enorme moment de panique, mon Lonely c’est ma bible !! Je réfléchis mais je l’ai pas laissé dans le ferry, il est soit dans la voiture du monsieur, soit à la machine à tickets du train. Je dévale les escaliers en croisant les doigts … et ouf il est aux machines ! Je le serre bien fort contre moi et remonte les marches quatre à quatre pour rentrer de justesse dans le train.
La traversée de la banlieue de Nagoya confirme la première impression, cet endroit semble quand même très gris. Bon certes le temps n’arrange pas les choses, mais il y a beaucoup moins de champs de riz que dans le Kansai par exemple. Bref arrivée à la gare de Nagoya je me renseigne sur les moyens de rejoindre Kyoto : que ce soit en train (non shinkansen) ou en bus, ça prend 2h30, mais le train est pile deux fois plus cher ! Va pour le bus. Le Lonely ne dit rien de bon sur Nagoya, et puis je dois avouer commencer à fatiguer sérieusement malgré la grande pause de 21h du ferry, donc je prends un billet pour le prochain bus.
2h30 de bus … à traverser des champs de riz, c’était chouette. Ca se transforme en 3h à cause des embouteillages en arrivant sur Kyoto, mais c’est pas bien grave. Puis je reprends mon petit train jusqu’à Mukaijima où mon vélo m’attend sagement…

J’entre dans ma chambre vers 17h, ouf !!

C’est la fin du Tohoku !!

15 Septembre : Tohoku - jour 6

(under construction ...ça soule les vidéos ne veulent pas se laisser uploader! ... toujours pas ...)

Donc voilà après ma nuit dans l'auberge de jeunesse je me réveille (pas besoin de spécifier l'horaire ...) pour prendre un premier bus jusqu'à la gare de Sendai, et de là attendre un temps relativement considérable un bus "de banlieue" qui arrivera avec 30 minutes de retard. Heureusement que j'avais prévu large!!
En effet, ce second bus doit m'amener au terminal de ferry pour rentrer sur Kyoto, donc pas moyen d'arriver en retard.
J'arrive quand même en avance au terminal, où le ferry est déjà là depuis quelques heures : il vient de Tomakomai sur Hokkaido, fait un stop à Sendai, puis termine son voyage à Nagoya. Pour les durées, Tomakomai-Sendai prend 15h et Sendai-Nagoya prend 21h : je vais donc dormir dans un ferry! C'est la première fois que je le fais (ou alors peut-être quand j'étais bébé, mais je m'en rapelle pas, les parents...?)!
Le ferry est un beau bébé, avec 192,5 m de long et 27m de large, une vitesse moyenne de 23,3 noeuds, et une capacité de 812 personnes.



J'avais réservé une place en classe B : il y a la classe A, où on peut choisir l'option "en suite" ou juste une chambre privée, la classe B où ce sont des couchettes type train couchette (en mieux), et la classe C où ce sont des dortoirs sur tatamis et futons. Mais en arrivant au comptoir pour payer, je vois un texte avec plein de kanjis, et j'en reconnais que trois : ceux qui veulent dire "étudiant". A tout hasard je montre ma carte de Doshisha, et là miracle elle me sert!! Le guichetier me fait une réduction de 2000yen, ce qui fait que je paie ma couchette au prix du dortoir! Le trajet me reviendra donc à 5000yen, alors que l'équivalent en shinkansen coûte près de 20 000 yen ... sans place assise réservée! Je suis plutôt contente.




J'entre dans la bête et me dirige vers ma couchette : un vrai petit nid douillet! Je pose mes trois sacs (j'avais fait des provisions, la nourriture à bord des ferry étant réputée très chère) puis appareil photo en main je commence mon exploration...




Le hall d'entrée d'abord, avec ses cailloux brillants, néons bleux, et tapis rouge, magnifique! Puis je découvre une salle de jeux vidéos, normal à bord d'un ferry, mais là ... elle sera pleine pendant tout le voyage! Sur la photo on n'a pas encore quitté le port et tout le monde s'installe donc il n'y a personne, mais après je suis repassée souvent et elle était toujours comble.

Il y a aussi un mini cinéma, où malheureusement ne passe que la télé. Dommage un petit drama coréen m'aurait fait rigoler ... mais je ne me suis pas ennuyée pour autant pendant ces 21h de trajet!


Ca, c'est au rez-de-chaussée si on veut, où se situent les couchettes et les dortoirs. Après on monte les escaliers du fameux hall aux tapis rouges, et on arrive à l'espace détente, avec des fauteuils moelleux, un bar, le restaurant, des salles de séminaire, et les chambres privées de classe A. A cet étage se trouve un écran où on peut suivre le trajet du ferry : là, on est toujours au port (d'où le 0km/h en bas à droite), mais vous voyez à peu près le trajet qu'on va faire.

Ce étage regorge de petites choses très drôles, dont ces trois vestes d'uniforme qui servent à se faire photographier devant la bouée de sauvetage ... et j'ai vu des japonais le faire!! Bien sûr c'est payant. On admire s'il vous plaît le lustre qui orne l'escalier-aux-tapis-rouges.

Un petit air sceptique ... mais c'est surtout parce que j'arrivais pas à me prendre correctement en photo dans le miroir du couloir!



Ensuite si on monte encore, mais en sortant cette fois-ci, on arrive sur le pont "public" du ferry, où on se prend tout le vent dans le visage ... moi, j'adore!!



Mais il est l'heure de manger. Je m'aprète à regagner ma couchette et y puiser dans mes ressources alimentaires, quand je vois une longue file de passagers se former devant l'entrée du restaurant. Autant de gens, même au Japon, ça cache quelque chose... Je regarde plus attentivement le menu du resto : le midi, c'est tabehodai (nourriture à volonté), pour 900 yen!! ca fait moins de 6 euros ... bon, j'hésite pas, je me mets dans la file d'attente!
J'ai bien fait, c'était pas mauvais du tout, des plats japonais mais pas que des algues, franchement pas mal du tout du tout. J'ai mon Werber avec moi (les parents me l'ont rapporté de Paris, en même temps que Simone de Beauvoir, Houellebecq, et Kundera...), et je me régale. Oui je fais une tête un peu bizarre mais c'est pas facile de poser dans devant son assiette face à son appareil photo en retardateur ... pas très inspirée dirons-nous.
Le ferry lâche enfin les amarres alors que je suis attablée, l'occasion de filmer à travers les vitres salées du ferry.



L'après-midi passe très vite, entre la lecture, l'écriture de mon journal de bord (je n'avais rien écrit depuis notre erreur de shinkansen avec Yuki), la discussion avec un couple cinquantenaire qui se sont offert un week end de vacances en ferry, juste aller-retour Nagoya-Tomakonai, avec quelques heures à Tomakonai et c'est tout, des ballades sur le pont, une petite sieste ... Le coucher de soleil arrive bien vite, la mer c'est quand même pratique pour ça, y a pas les montagnes qui cachent tout!! :D En plus avec la hauteur du ferry, c'est très beau.

J'ai oublié de dire que, comme dans le ferry de Shikoku, il y a un onsen (mais pas de douches bien sûr). Le onsen donne sur l'extérieur, et je profite de la fin du coucher de soleil pour aller voir comment ça se passe. C'est très très agréable d'être affalé dans de l'eau chaude, en train de regarder dehors l'eau (froide!) défiler ... c'est chouette le ferry au Japon. Ca donne envie de ferri-ter en Europe tiens! Bon les photos sont interdites mais je profite d'un moment de désintérêt total des passagères pour choper une peite vue.

L'heure du repas du soir arrive à grands pas, mais là je ne réitère pas le resto, c'est le même menu mais deux fois plus cher (tout est beaucoup plus cher le soir au Japon, y compris sur les ferry), et je grignotte mes onigiri.


Petite carte de notre avancement à 20h30 ... je trouve qu'on a bien avancé!


Puis je me ballade encore un peu quand j'entends de la musique ... l'oreille aux aguets j'essaie de trouver d'où ça vient ... et je trouve : c'est le bar spécial du ferry, que je n'avais pas encore découvert, une sorte de cabaret plutôt. Et là en ce moment, une femme chante, accompagnée de son pianiste (qui préfère jouer debout sur un clavier électronque que sur le piano à queue du ferry). En anglais! Et pas si mal que ça! La salle est comble, je ne toruve pas de place pour m'asseoir, et à vrai dire je préfère rester derrière pour pouvoir apprécier l'ensemble de la scène. Ambiance feutrée, cigares et fauteuils en velours, chanteuse aux cheveux décolorés permanentés, tout un poème.



Je retourne assez vite à ma couchette, pour une bonne grosse nuit. On sent à peine les mouvements du ferry ... ça change de Panthéra!!!