2008/04/09

13 février : Kyushu jour 9

J'ai eu des retours comme quoi les gauchers écrivaient vraiment comme des manches à balais, et que mon journal était illisible. Mais ça prendrait un tel temps de tout retaper à la main ... bon donc je vais essayer de taper quelques passages à l'ordi, entre deux vidéos qui chargent par exemple! Allez, pour aujourd'hui, deux pages bien écrites! :)
Bon et puis je vais au fur et à mesure taper à l'ordi toutes les pages précédentes, en commençant par les petits bouts de pages...


Mercredi 13 Février

Lever 6h30, bus pour la gare, attente du train.
Il ne neige pas, le vent est faible, arg!!! C'était ça ce matin, je viens de lever la tête de mon carnet, c'est tempête de neige!!! Les gens se ruent dans la gare ... oh la je comprends rien ...
[Plus tard] Bon alors au bout de 10 minutes la neige s'est arrêtée et le soleil brillait. Mais, tous les trains sont annulés!! J'ai du mal à comprendre pourquoi. Un bus de remplacement va être mis en place jusqu'à Hamada, où je pourrai reprendre un train jusqu'à Yonago, mais aucune idée de l'heure à laquelle partira le bus, ni de son arrivée à Hamada, encore moins de l'heure du train jusqu'à Yonago, et alors pour chopper mon bus de Yonago à Daisen c'est carrément le grand trou noir!!
Un bus part finalement à 8h11 (le train était à 7h44), il fait beau, les routes sont sèches ... moi y en a pas comprendre.
Finalement, le bus nous a lâchés à une mini gare, où on a pris un tortillard. Une floppée de collégiens nous a rejoint, et on s'est entassés dans deux wagons pas bien grands ...
J'ai surtout un indice quand à la raison du stoppage :


Le cou du conducteur de train qui nous a accompagné en panique dans le bus, et l'indice ...


Dans cette mini gare, il y avait un train à l'arrêt ... avec la vitre du conducteur complètement explosée et l'avant du train bien défoncé. Alors soit la neige a été vraiment très forte mais j'ai du mal à croire que ça puisse défoncer de l'acier), soit à cause de la neige il y a eu un accident, choc de trains ou avec un yéti.
Enfin avec tout ça mon Daisen est bien loin, alors que le ciel est bleu et se dégage de plus en plus!!
Le train longe la côte et j'observe superbes rouleaux déchaînés se fracassant sur les cailloux. On dirait le Bécleu à s'y méprendre!
9h15 : Nishi-Hamada. Comment avaler 150km en 2h30 ... en train tortillard ...
9h25 : arrivée à Hamada. Il neige à gros flocons,le quai de la gare est tout blanc de plusieurs centimètres, il n'a pas dû s'arrêter de neiger, ici. Le climat est vraiment très changent dans ce coin!!
J'apprends que le tortillard continue jusqu'à Izume, où j devrai changer de train ... mais le conducteur n'a aucune idée de l'heure à laquelle il y aura un train! Bon ... je patiente ... la neige virevolte ...
9h40 : Hoshi. Tout est blanc ... mais le soleil brille sur le ciel bleu parsemé de quelques cumulus bien blancs. C'est n'importe quoi.





Dans le train longeant la côte : les lycéens terminent (commencent?) leurs devoirs en regardant la mer

10h55 : départ de Ôda après 10min d'attente ... j'enrage, je vais finir par louper mon bus pour Daisen à quelques minutes près!! Le soleil est éclatant, la japonaise en face de moi a tiré les rideaux parce que ça chauffe trop, moi je capte au max les rayons. Je sais pas si la perturbation a dépassé le tain ou si elle nous suit, et faire une prévision météo pour l'après-midi à Daisen elève de la pure imafination.
11h10 : arrivée à Oda (et pas Ôda, très différent!!). Il ... neige. J'hallucine vraiment avec ce temps. La mer est toujours aussi déchaînée.
11h20 : Izumo Jinzai Incroyable. Côté mer de la ligne de train, cil bleu. Côté montagne, neige à gros flocons et vent fort. J'ai jamais vu ça. Vidéo pour immortalser.
11h28 : Arrivée à Izumo, où mon tortilard s'arrête. Il y a un limited express pour Yonago sur le quai en face, je sais ça va faire cher mais si ça me permet d'avoir mon bus ... Pas le temps de poser des questions, l'alarme sonne pour le départ.
Je demande l'heure d'arrivée à Yonago au contrôle à l'intérieur du train (dans les limited express, on paie un supplément parce qu'il va vite, et du coup le contrôleur passe systématiquement) : 12h24. Mon bus partait à 12h15 ... et le précédent train arrivait à 12h14. Je l'ai vraiment loupé de peu. Pour la peine, je ne leur paierai que le trajet en limited express d'Izumo à Yonago. Na.
Le train longe le lac Shinjiko qui est tout vert caca d'oie pas eau du tout, le ciel est gris opaque ... je ne sais vraiment pas à quoi m'attendre à Daisen!!
12h02 : Matsue. Ca va vite le train rapide. Matsue est sous la neige, qui tombe et tombe, les gens montent dans le train mettent de la neige partout ... ah je pourrai dire que j'ai vu le Japon sous la neige!!



La météo incroyable de cette journée : juste après le soleil resplendissant, la neige ...
Et la vidéo qui montre que d'un côté du train il fait très beau, et que de l'autre côté il y a tempête de neige


Caroline m'informe que j'ai oublié a serviette chez elle. Alan me dit qu'il ne pourra pas venir à ma farewell, zut, mais qu'il vient en France en mai : chouette!!
Yuki et Jun viennent au week-end Biwa-ko, da grut. Je sais pas ce que ça va donner demain les dunes de sable de Tottori sous la neige. J'ai FAIM!!!
Il y a beaucoup de cimetières dans le coin, c'est bizarre. Sous la neige qui tombe et le cielopaque, c'est pas vraiment joyeux ...
J'ai aussi croisé deux palmiers (typre trachycarpus) recouverts de neige. Ca, c'était chouette.
Mais qu'est-ce qu'il neige, c'est dingue ..
12h24 : j'arrive à Yonago qui résiste sous la tempête de neige. En quelques mètres pour aller checker l'horaire du bus, je me transforme en bonhomme de neige. Finalement, c'est peut-être pas si pire d'avoir loupé le bus ... Le prochain est à 13h30, pile le temps de déjeuner et de me changer : ici, il fait vraiment très très froid. Je crois que toutes mes épaisseur vont servir ...
Comme il n'y a pas de siège pour s'asseoir, je campe par terre à côté d'un restaurant de gare et en face d'une vendeuse de gâteaux; je crois qu'elle se souviendra de ma séance d'habillage ... il n'y a que le deuxième collant que j'ai mis aux toilettes, le reste, en face d'elle! "Les occidentales ont vraiment de grands pieds" a-t-elle dû penser en me voyant enfiler les tatanes de Jun ... hihi!



Deux vélos enneigés et une vidéo de la neige à la gare de Yonago

Je monte dans le but, seule passagère, bus qui part sous la neige battante. O croise une usine qui semble responsable de l'énorme brouillard qui envahit la ville tellement elle lâche de fumée. On monte un peu en altitude, mais très peu, Daisen est plutôt du genre "grand volcan esseulé" (comme le Kaimon dake à Kagoshima, mais sous la neige!!).
Les chaînes deviennent nécessaires, et le chauffeur en uniforme bleu marine à boutons dorés et casquette de la marine se transforme en montagnard avec gros anorak, bonnet vissé jusqu'aux sourcils, et gants de cuisine pour aller installer les chaînes ... magique!
Alors que la neige tombe toujours, un rayon de soleil traverse les nuages : c'est beau la neige au soleil.
Arrivée à 14h45 à Daisen, la neige est en phase de faiblesse. Direction "Sekka sô", mon ryokan réservé par Yohei : le moins chez de tout le coin que que l'auberge de jeunesse n'existe plus et que les hôtels à 3500 yens qui existent sont fermés l'hiver car il y a trop de neige ... 5250 yen pour juste une nuit sans repas, c'est plus que 3 nuits à Beppu!!
Enfin, une grande chambre à tatami m'attend, et surtout elle a un chauffage soufflant qui marche très bien!
Je ne m'attarde pas et fonce vers les "pistes" ...
Alors en fait le village est situé au pied du volcan, et un petit télésiège gratuit fonctionne de 7h30 à 19h30. Il mène à un plateau, où se situent des loueurs de ski, des resto, les remontées mécaniques, et un unique hôtel, luxueux bien sûr.



Le bus juste avant de partir de Yonago, le chauffeur qui met les chaînes, un panneau de voiture qui risque de se fracasser, et la route enneigée que suit le bus

Remarque : au Japon, les routes en montagne sont en alternance en béton et en bitume, mais surtout en bitume, ce qui fait (je ne sais pas pourquoi) que la neige tient très bien sur la route (alors que sur le béton elle fond immédiatement!). Toujours est-il qu'ici, ça fait de belles routes blanches, pas du tout boueuses de neige fondue ... et pareil dans les stations, un plaisir!

A partir de là, on paie. Mais pas besoin de prendre un forfait! On peut payer au coup par coup, 320yen la remontée donc 2€ pour un tour de télésiège.
Pile quand j'arrive, la neige s'arrête et le gros nuage qui la contenait s'éloigne : pendant presque 10minutes, c'est ciel bleu et soleil!!! Malheureusement c'est très localisé, et je ne vois pas la mer pourtant proche.
J'achète deux tickets, hop premier télésiège et j'enchaîne sur un deuxième où je dois convaincre le "perchiste" de me laisser monter même sans skis.
Au Japon, tous les télésièges sont sans rambarde ni repose-ski (garde-corps). C'est un peu flippant au début, et puis on s'habitue.
J'arrive au plus haut de la station 1121m! attention on rigole plus ...), et je commence à descendre dans la neige ... c'est booooon !! Comme je veux éviter de me prendre des skieurs, je marche sur le bas-côté de la piste, dans la poudreuse, et mes gambettes plongent délicieusement dans la neige jusqu'aux cuisses! J'ai mis mon pantalon en plastique à 100yen au-dessus du jean et finalement ça a très bien marché.


Le yot assez super contente de se prendre plein de flocons de neige dans le visage, les japonais en cours de ski (no comment), mon télésiège préféré, et le paysage depuis le haut de Daisen, là où on devrait voir la mer au fond...
Et une petite vidéo depuis le toit de la région!

Arrivée en bas, je file racheter des tickets mais je me fais rembarrer par un vieux grognon qui me dit que c'est dangereux de monter sans skis et qui veut rien entendre, je le traite de tous les noms (en français bien sûr) et me dirige vers le télésiège voisin, qui monte moins haut, mais qui est surtout tenu par un jeune, et après quelque parlotte il me laisse monter. Ouf!!
La neige s'est bien sûr remise à tomber à gros flocons, et le vent se met de la partie. Moi je suis aux anges de me prendre les éléments dans la face, mais ce n'est pas l'avis de nombreux japonais qui rentrent à leur ryokan.
Ah, petit remarque : un mec du labo m'avait prévenue, mais j'ai pu le constater en live : au Japon, les utilisateurs de pistes et remontées mécaniques sont en très large (mais alors vraiment large) majorité des surfers! C'est plus la classe paraît-il.
Mouais. N'empêche que j'ai vu de très bons skieurs (ok ce n'étaient que des pistes bleues, mais il y avait du niveau), et un seul bon surfeur, tous les autres étant le cul dans la neige ou en train de se casser la figure pour se retrouver le cul dans la neige.
Après mon épisode quelque peu violent sur l'autre versant, je reviens à mon versant originel et me fais encore 3 remontées / descentes dans la neige.
La technique "lancer le sac à dos loin et faire des galipettes en avant pour aller le rattraper" me plaît beaucoup.


Daisen est assez bas en altitude, mais comme la région est très neigeuse, cette montagne se retrouve avec des feuillus entièrement recouverts de neige, et les skieurs à se balader au milieu! Ca fait des paysages très étranges, très beaux, et des photos sympa ...; il neige, les lunettes de soleil se transforment en masque; les chaussures de Jun à l'épreuve de la neige

Alors que je faisais une pause en savourant un instant l'arrêt de la neige, assise sur le bord de la piste, deux jeunes en jaune arrivent et me demandent si tout va bien. Oui oui! Ils croyaient que j'étais blessée ... non non je prends des photos.
On papote, ils disent "loshinolu" et "shalomonn" avec de grands cris de joie, j'apprends qu'ils sont "aides-moniteur" de ski à l'école de ski de Daisen, et inévitablement vient la séance photo! Ca tombe bien, je pouvais pas faire de retardateur et poser l'appareil photo (d'Antoine!!) dans la neige ...
Je descends la dernière descente avec la neige qui cesse de tomber pour laisse place à un beau ciel et soleil couchant...miam. Je descends carrément tout en bas pour réutiliser le télésiège gratuit et re-gambader dans la neige. C'est bon, j'en profite au max ... et quand je passe la porte de mon ryokan, la neige s'est remise à tomber avec du vent et du brouillard.
C'est incroyable ce temps, on a dirait vraiment des giboulées de mars avec de la neige, et à dominantes précipitations, peu de soleil. Apparemment c'est fréquent d'après les dires du propriétaire du ryokan.
Un peu de rangement en arrivant à ma chambre, puis direction le onsen pendant que tous les clients sont à table ... j'ai pas pris les repas parce que c'est cher, et pour manger encore des algues marinées et saumurées, non merci!!
Séance séchage d'affaires, la neige s'était quand même infiltrée, et les chaussures sont toute mouillées ... groooos dodo!


Un pisteur prend une photo de l'autre pisteur avec moi : comme dirait Antoine "eh, il était pas doué celui qui a pris la photo!" (précision ajoutée contre toute personne me disant que j'ai mis la dragonne devant l'objectif)

Le coucher de soleil à Daisen ... oui je sais j'en rate pas un!
Arrivée au ryokan : la bouillotte autour de laquelle sèchent les affaires de tout le monde, les chaussons à mettre quand on est dans le ryokan, de nouveau la bouillotte, moi un peu épuisée par cette journée géniale, et mes affaires trempées qui sèchent dans ma chambre...

2008/04/07

12 Février : Kyushu jour 8

Il y a des moments où j'arrive à avancer le blog ... profitons-en!


Mardi 12 Février


Réveil à 7h30, préparation des bagages, et départ avec la hong-kongaise à 8h vers Hakata. Puis métro jusqu'à Ohori-koen, et les ruines du Fukuoka-jo (chateau de Fukuoka), d'où on a une vue ... embrumée sur la ville. Il fait froid et gris aujourd'hui, pas cool ... enfin je croise surtout les doigts pour demain à Daisen ...
Bus et marche jusqu'au Palazzo, hôtel construit par Aldo Rossi, sympa en extérieur, mais le hall d'entrée est décevant. Et on n'a pas pu visiter de chambre. Dommage.Puis marche à travers Canal City, mais à 10h30 il est trop tôt, aucune animation sinon un robot qui se balade en souhaitant la bienvenue! Marrant!
On rejoint Jeanette à la gare de Hakata pour manger des donuts en attendant que je reparte. J'aime pas les donuts, mais les japonais en raffolent (et après ils disent que la bouffe française c'est gras ...).




Les shinkansen dans les starting blocks à Hakata de bon matin, Fukuoka depuis les ruines du Fukuoka-jo, un navire sortant d'un immeuble au milieu de la ville, le palazzio, et le robot qui nous souhaite la bienvenue en arrivant à Canal City; et le robot en vidéo ...





Jeanette en profite pour m'offrir des mini-croissants, qui se révèleront délicieux. Cette fois c'est moi qui paie les donuts. On attend désespérément un couch surfer américain qui doit les rejoindre pour aller visiter tous ensemble une ville pleine de temples, mais je dois prendre mon train vers le nord, et quitter Kyushu ...
7h de train m'attendent!!
Train tranquillou jusqu'à Mojiko, où j'embarque sur un mini ferry pour traverser le bras de mer qui sépare Kyushu de Honshu .. bye bye Kyushu!
Bus pour aller de "Kamon warf", avec un bâtiment paquebot de Siza que je suis sûre que les parents n'iront jamais photographier tellement il n'y a rien autour, jusqu'à la gare de Shimonoseki.
Un bol d'udon au comptoir en attendant le train, et c'est parti pour longer la côté.
Je m'installe dans un carré, c'est bien les trains tortillards il n'y a jamais personne dedans. La côte est en effet très jolie, avec le soleil qui perce de temps en temps à travers les nuages gris foncés, et qui vient lancer ses rayons sur la mer déchaînée.
Il doit faire un froid de canard dehors vu comment sont habillés les gens ...
Je tombe sur un mini terrain de croquet installé au milieu des champs, la mer en arrière-plan, et des personnes âgées emmitouflées se concentrant sur le coup à porter ...
Arrivée à Kojiki, changement de train.
Reprise vers le nord.
Arrivée à Nagato.
Changement de train. J'essaie de me faire discrète mais c'est pas facile avec mes sacs à dos dans des trains à dix passagers




Les trois couch surfeuses aux donuts, puis Jeanette qui me dit au revoir à Hakata


La partie maritime du voyage : le détroit qui sépare Honshu de Kyushu, et le hors bord high tech qui me le fait traverser


A bord du train : tempête sur la plage, le captain qui se la pète regarde au loin les vagues rugir ... et lesdites vagues avec le ciel assorti (c'est mecha kirei quand même non??)


Toujours à bord du train le fameux match de croquet, et des écoliers regardant les flots (je ne suis pas seule!)


Il se met à neiger doucement pendant la correspondace à Nagato. J'ai peur pour Daisen ...
J'arrive à Higashi-Hagi : les flocons volent dans tous les sens, il y a un vent du diable!! Encore 1h30 avant Masuda, qu'est-ce que ça va être!!!
Apparemment le collège de Hagi n'est pas aussi intelligent que celui d'Ao/Kumamonot, et oblige les élèves à porter de petites soquettes blanches mi-mollets et jupe plissée mi-cuisse sans collant alors qu'il neige et vente.
Arrivée à Masuda à 19h18 précises, il ne neige pas, le vent est beaucoup moins fort que sur la ligne de train - on n'est plus au bord de l'eau
Petit tour de psse-passe pour mon billet de train, et Caroline est là pour m'attendre!
Je pensais qu'elle avait la trentaine, en fait elle a mon âge. Une américaine du Nebraska qui parle très vite, j'ai parfois du mal à suivre. Elle aussi fait partie du programme JET.
Elle n'est là que depuis mois mais elle a déjà en horreur tous les points que je répète, et elle a du mal à se dire qu'elle doit encore rester 1 an et demi ici ... Sachant que Masuda est une micro-ville où il n'y a rien à faire, et qu'elle est située dans le Shimane-ken, 2ème préfecture la moins peuplée du Japon après Hokkaïdo, vous imaginez la compagnie hyper diversifiée qu'elle a ... et déjà qu'être prof d'anglais dans une grande ville c'est pas facile du tout, mis alors dans la campagne c'est la torture! Bref je crois que ça lui fait du bien d'voir de la compagnie occidentale! :D

Elle a préparé un plat de pâtes aux légumes et au poulet, sans sauce soja, les pâtes étaient vraiment à la limite de la bouillie, mais c'était super bon, un goût ... pas japonais! On s'installe les futons, et dodo côte à côte!


Une écolière victime de la stupidité des politiques des chaussettes, et Caroline avec son plat de pâtes au poulet!

C'est sympa couch surfing ...

2008/04/02

11 Février : Kyushu jour 7

Bon, je continue à mon rythme de tortue en hibernation ...

Avant le début du texte, une petite photo prise le matin de ce 11 février en allant aux toilettes avant de chercher mon bus ... Et oui, au Japon, à côté des toilettes pour femmes il y a des salles de maquillage ... (heureusement pas partout). Vive le naturel ...



Lundi 11 Février

Nuit bien meilleure que la précédente, une seule ronfleuse sur mes 3 co-chambre, et pas une seule qui dort avec sa lumière allumée! Youpi. Lever à 7h, préparatifs, internet, check out de cette vraiment bonne guest house, puis direction la gare pour acheter mon pass de bus.
Alors les bus à Beppu, il y en a plein, mais jamais celui que vous voulez, et il faut systématiquement en changer après 3 arrêts - ils vont tous là où vous ne voulez pas aller. Bref!!

Je perds énormément de temps en attente de bus, mais j'ai quand même à visiter le Umijigoku (enfer de la mer) et le Hon-bozu-jidoku dans la matinée. En fait, la ville c'est un eurodisney d'onsens ... on entre prendre son billet, le chemin nous guide à un petit bassin fumant d'eau à 98°C, puis nous fait passer par le magasin de souvenirs et de ... BOUFFE, enfin on arrive au "clou" de l'attraction, un bassin peint en bleu entouré de palmiers (d'où le nom d'enfer "de la mer").
Alors oui ça fume et ça pue le souffre, mais de là à hurler des "sugooooiii!!" sur un ton hystérique comme le font les japonaises ici ...
L'eau est tellement chaude qu'elle sertà faire cuire des oeufs durs - vendus à prix d'or à la boutique.
Bon après un petit tour dans l'atraction (je découvre un bain pour les pieds brûlant), je me dirige vers l'autre enfer que je veux voir, le Hon-bozu-jidoku ou "enfer du bonze".
C'est des mares de boue bouillante ... et là, c'est très chouette!! Beaucoup moinseurodisney, sûrement parce que'il est plus loin u centre et moins "kawai" que le bleu tropical, en tous cas il n'y a presque personne et c'est beaucoup plus impressionnant.
La "source" chaude se situe sous de la terre et non sous des pierres, et l'eau se mêle à la terre pour faire sortir de la boue bouillante qui fait flop flop dans ds marmittes naturelles de boue séchée.


Le panier à oeufs dans le bassin bleu, le bassin bleu qui fume avec un torii au fond, et un bassin ocre (pas la boue!!) à côté du bleu mais toujours dans l'attraction eurodisney du bleu. Et puis deux petites vidéos sympa:





Le panneau annonçant qu'on peut tremper les pieds dans l'eau, des pamplemousses dans le bain pour les pieds (je n'ai pas compris leur utilité ...), et la géniale "toilet pyramid power" à côté du bassin bleu turquoise!


Dans le don-bozu-jidoku, les marmittes de sauce au chocolat bullant et les vidéos associées ...





Il y avait aussi un bassin plus vaste où l'eau boueuse bouillait et où les gens jetaient des pièces : voyez le résultat!! J'y mettrai pas les pieds ...



Ca fait vraiment penser à une potion magique dégoutane, ou à du chocolat au lait, selon l'humeur. Ca pue le souffre!! Heureusement que les sources sont loin udu cenre ville sinon Beppu empesterait 24h/24.

Arg, j'enrâââââge!!! Maudite ville de Beppu! Maudits employés du service de tourisme qui ne parlent pas anglais!!!

Après les bulles de boue, je monte dans un bus qui est censé m'amener au troisièm enfer que je veux voir. Mais bien sûr, arrivée à mi-chemin, je dois changer de bus et attendre 20 minutes le suivant. "A pied, c'est 30min" dit l'employé u service de tourisme. Bon, ben j'attends et j'écris. Le-dit bus arrive, je monte, je redemande au conducteur s'il va ien à l'enfer que je veux, il acquiesce, et le bus part...mais au bout d'un moment j'ai un doute, ça semblait vraiment plus proche sur la carte, même avec des échelles étranges et irrégulières.
Je montre les kanjis au conducteur qui me dit "ah, elui là!" : la différence de son était minime, mais c'est à l'autre bout de la ville. Je commence à en avoir assez des bus de Beppu...
Il me dit qu'il faut revenir d'où je viens et prendre un autre bus. Je vérifie les horaires : attendre 20 min ici avant de prendre le premier bus ... Pour rester polie, je les envoie voir ailleurs si j'y suis avec leurs attractions d'eau chaude à la noix!! Je remonte dans le bus, et le conducteur me demande innocamment si e veux pas visiter l'enfer qui est juste là : pas vraiment, c'est celui où des animaux sont enchainés dans des cages près de l'eau brûlante!!!

Le bus me fait faire le tour de la ville (en passant par le centre hospitalier de la ville et le port des ferry), je descends quand je vois un bout de pelouse près de l'eau pour me changer les idées.
Calmée, et bien décidée à en finir le plu vite possible avec cette satanée ville de Beppu, je tente le tout pour le tout : avancer l'horaire de mon car pour Fukuoka ... billet réservé par internet det déjà payé, j'ai peu d'espoir mais bon. Et bah j'ai bien fait! Un coup de stylo pour barrer l'horaire et l'avancer de 3h30, un tampon rouge pour valider la rature, et le tour est joué! Yatté!!
Cela me laisse pile le temps pour aller me faire un onsen (quand même, je n'en avais pas encore fait un seul, à Beppu c'est un comble).
C'est le plus rustique que j'aie vu depuis mon arrivée au Japon ... Les murs s'effritent à cause de l'humidié, pas de shampoing ni de petit tabouret pour s'asseoir pour se laver, et cmme c'est trop petit l'un des deux bains est casé sous l'escalier ... Mais je suis toute seule, j'ai payé 300yens, et c'st parfait pour se détendre! J'y reste 1/2h, puis un tour à la poste pour réaliser que ce lundi est un jour férié au Japon, un tour à l'auberge pour récupérer mon sac à dos, et hop je file prendre mon car - qui partira avec 25min de retard!!!

Petite annotation que je n'ai pas racontée dans le journal : comme c'est le jour national, les nationalistes s'en donnent à coeur joie dans tout le pays (disons encore plus que d'habitude) avec leurs camions blindés noirs (je dois avouer que là, il y avait pas mal de blanc au final), drapeaux impérialistes, hauts-parleurs à fond, sur fond de musique ... occidentale bien sûr! Une vidéo pour vous donner une idée de l'état d'esprit ...


Le car traverse la zone entre Beppu et Fukuoka. Je remarque que les montagnes sont beaucoup plus abîmées qu'ailleurs au Japon, les hommes sont venus faire des misères. Elles sont souvent "rasées" sur un versant, passées à la tronçonneuse sur un quart, et la frontière entre les cyprès et la zone rasée est rectiligne, moche. Il y a moins de cyprès, et plus de bambous aussi, c'est peut-être plus facile de couper des bambous que des sapins. De nombreuses carrières. C'est pas très beau à vrai dire.
J'arrive à Fukuoka, et direction Hawk's town, un quartier de Fukuoka construit sur l'eau où se trouve le stade où jouent les Hawk's, l'équipe de baseball de Fukuoka (légendaire paraît-il).
Là, je retrouve ma couch-surfeuse du jour Jeanette et une couch surfeuse hongkongaise dont je n'ai pas réussi à retenir le nom. "Jeanette" est japonaise, mais son prénom japonais sonne comme "junè", et comme elle adore la France (comme c'est original!) elle se fait appeler Jeanette. En tous cas, elle est absolument adorable, elle est en voiture (elle a emmené faire du tourisme l'autre fille), et elle nous emmène manger des ramens dans les boui boui du port de Fukuoka ... tout en nous expliquant que seuls les touristes viennent manger ici, et les propriétaires des boui boui prennent garde à conserver une ambiance un peu dégueu pour que la mèche ne se vende pas!!


Les stands! Le fils avait un petit sourire moqueur en coin ... c'était bel et bien un piège à touriste!

Jeanette (sans le bonnet) et Laetitia (avec le bonnet, c'est le nom anglais de la hong kongaise) en train de photographier son bol de ramen, le mien après que j'aie fait exactement la même photo en simultané, deux petites poses mecha kawaiii (demandées par jeanette, pas par moi!!), et les marmittes ...

Apparemment, le lonely n'avait pas cette info ... héhé. Enfin, ça me réconcilie avec les ramen!
Ici, les nouilles ne sont pas trop cuites, et surtout le bouillon n'est pas gras et marron avec le goût que j'aime pas. C'est bon! La hong-kongaise nous invite, yatta!
Puis direction la maison où un futon et deux couvertures m'attendent dans une chambre pour moi toute seule ... je rêve. Jeanette est incroyable, elle nous aide pour trouver les horaires des trains le lendemain (elle habite au sud de Hakata), et à 22h je plonge chez Morphée.